Cinq solutions pour accueillir 300 bus supplémentaires à la STM

Vendredi 1 février 2019
Transport de personnes
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Renée Amilcar
Directrice exécutive
Société de transport de Montréal (STM)
Nancy Turgeon
Conseillère corporative - Rélations publiques
Société de transport de Montréal (STM)

La Société de transport de Montréal (STM) comptera sur 300 bus hybrides supplémentaires en 2020 pour desservir sa clientèle sur l’île de Montréal. L’arrivée de ces bus, qui représente une augmentation de 15 % du parc actuel, aura des effets significatifs sur l’offre de service de la STM. Cette acquisition concrétise l’engagement de l’administration municipale de la mairesse Valérie Plante en faveur d’une meilleure mobilité. Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ont d’ailleurs confirmé leur soutien financier à ce projet en janvier 2018. 

« L’acquisition de 300 bus supplémentaires est une excellente nouvelle pour le transport collectif montréalais. En augmentant considérablement notre nombre du bus sur les routes, nous aurons les moyens de nos ambitions pour offrir plus de fréquence et de ponctualité. Toutefois, cela pose le défi d’avoir les infrastructures nécessaires pour accueillir et entretenir ces nouveaux autobus, et il faut être prêt à le faire dans un délai très court », explique Renée Amilcar, directrice exécutive Bus à la STM.

Les experts de la STM se sont rapidement mis à la tâche pour relever ce défi et trouver des solutions innovantes. Ils ont évalué les capacités des centres de transport existants, révisé les projets de rénovation et de construction et analysé plusieurs scénarios afin de développer une stratégie qui  réponde à la croissance accélérée du parc de bus. Le résultat de leur démarche consiste en une stratégie basée sur cinq solutions qui pourront se déployer à court terme. Ces solutions comprennent notamment le devancement de la mise en chantier de certaines constructions et des réaménagements d’installations existantes.

Passer de 1807 à 2107 bus en deux ans

La STM possède actuellement un parc de 1807 bus, composé de véhicules au diesel et de véhicules hybrides ainsi que de trois bus entièrement électriques; des bus standards (40 pieds) et des bus articulés (60 pieds) comptent parmi ceux-ci. Depuis 2016, la Société a entrepris de remplacer ses bus au diesel par la technologie hybride en attendant l’arrivée massive des bus entièrement électriques.

Elle dispose de huit centres de transport où elle gare l’ensemble de ses bus et en assure l'entretien. Bien que ces centres de transport aient en moyenne 50 ans, certains sont à la fine pointe. En effet, en 2009, la STM a entièrement rénové et agrandit son centre de transport Legendre. Elle a également construit le nouveau centre de transport Stinson qui est en service depuis 2014. Celui-ci est le premier centre de transport au Québec à obtenir la certification Or de Leed (Leadership in Energy and Environmental Design) de la part du Conseil du bâtiment durable du Canada. La STM prévoyait le remplacement de l’actuel centre de transport Saint-Denis, construit en 1957, qui est en fin de vie utile et dont la fermeture s’accélère à cause de la désuétude du toit.

« Avant la confirmation des 300 bus supplémentaires, la STM avait déjà des projets pour ses centres de transport qui visaient à répondre à ses besoins actuels et futurs, mais dans une perspective de croissance plus conservatrice. Ces projets se situaient dans un horizon de 2025. Maintenant l’échéance est revue à la baisse et se situe en 2020 et la STM doit accroître sa capacité d’accueil et d’entretien de 15 %. Elle a travaillé à définir un plan d’action réaliste et pérenne », poursuit Renée Amilcar.

Certaines solutions préconisées par la STM sont permanentes alors que d’autres seront temporaires, mais elles s’inscrivent toutes dans une perspective de croissance durable :

1) Louer et adapter un bâtiment industriel à proximité du centre de transport (CT) Stinson

Cette solution temporaire vise à louer, pour une durée de cinq ans, les locaux d’un ancien bâtiment industriel. En convertissant le bâtiment selon ses besoins, la STM pourra y accueillir 50 bus standards dont l’entretien sera effectué au CT Stinson, situé à proximité. L’emplacement sera disponible en 2019. Ce projet est évalué à 5 M$ pour l’adaptation et la remise en état des locaux.

2) Maintenir les actifs du centre de transport (CT) Saint-Denis

Une autre solution, également temporaire, consiste à maintenir les actifs du centre de transport Saint-Denis afin d’y prolonger les activités pendant encore quelques années. Les travaux incluent principalement la réfection de la toiture qui a atteint sa durée de vie. Ces travaux permettront de garder le centre en service jusqu’à l’ouverture du nouveau CT Bellechasse en 2022. Les travaux de réfection entraîneront la relocalisation temporaire des 180 bus actuellement stationnés à ce centre pour une durée de 12 mois. Les travaux seront finalisés en 2019 et le projet est évalué à 19,4 M$.

3) Agrandir trois centres de transport existants

Cette troisième solution comprend l’agrandissement de centres de transport existants, soit Anjou, Legendre et Saint-Laurent, afin d’atteindre une capacité supplémentaire totale de 150 bus. Ce projet a l’avantage de pouvoir réaliser les agrandissements sans déménager les activités d’exploitation et d’entretien pendant les travaux et d’ainsi limiter l’impact sur le service à la clientèle. La fin de ces travaux est prévue pour 2020 et le coût du projet est de 165 M$.

4) Intensifier la construction du centre de transport (CT) Bellechasse

Ce projet, annoncé en août 2017, vise à remplacer l’actuel centre de transport Saint-Denis. Le nouveau CT Bellechasse pourra accueillir 207 bus, dont 105 bus standards et 102 bus articulés. Sa mise en service est prévue en 2022 et le coût du projet est de 242 M$.

5) Devancer la construction d’un centre de transport

Enfin, la construction d’un nouveau centre de transport permettra d’accueillir 250 bus qui pourront être entièrement électriques. Sa mise en service est prévue en 2023, alors qu’elle était initialement prévue d’ici 2025, selon le Plan stratégique organisationnel 2025 de la STM. Le coût de ce projet est évalué à 370 M$.

« Ces cinq solutions représentent un investissement significatif en faveur du transport collectif montréalais. C’est donc dans son ensemble un projet fort stimulant qui requiert une planification serrée pour arrimer les travaux aux exigences opérationnelles. Nos équipes travaillent en concertation pour orchestrer le tout sans impact sur le service à la clientèle », a ajouté Mme Amilcar.
Soulignons que dans son Programme d’immobilisations 2018-2027, la STM affiche des prévisions d’investissements évaluées à 10,1 G$ sur dix ans. Plus précisément, son programme regroupe 22 projets autorisés qui représentent 4,8 G$ de ces investissements, dont 3,5 G$ seront investis au cours des trois prochaines années.

Un parc hybride et électrique

Parallèlement à la planification et à la mise en œuvre des cinq solutions d’infrastructure, la STM a procédé à plusieurs appels d’offres pour l’acquisition de nouveaux bus. En juin 2018, elle a octroyé un contrat de 941 M$ à Nova Bus pour l’acquisition d’un maximum de 830 bus hybrides, climatisés, dont la livraison est prévue entre 2020 et 2024. Ce nombre inclut les 300 bus supplémentaires et permettra également de remplacer des bus en fin de vie utile. La STM compte donc recevoir 375 bus en 2020, 105 en 2021, 112 en 2022, 100 en 2023 et 138 en 2024.
À cette importante commande de bus hybrides s’ajouteront 40 nouveaux bus électriques à différents types de recharge que la STM mettra en service dans les prochaines années. Il s’agit d’une étape importante pour atteindre l’objectif de n’acheter que des bus électriques au plus tard en 2025, avec les meilleures technologies disponibles. La STM possède déjà trois bus électriques, conçus par Nova Bus dans le cadre du projet Cité Mobilité et qui circulent en service clientèle au centre-ville depuis l’été 2017 (réf. article paru en octobre 2017). Après un an de service, et près de 95 000 km parcourus, le bilan s’avère prometteur. La quantité de GES que les trois bus ont permis d’éviter est estimée à 113 tonnes. De plus, la clientèle apprécie le mode électrique de ces bus et y voit une expérience améliorée.

Devant ces résultats positifs, la STM a décidé d’accélérer sa stratégie d’électrification. Tout d’abord, à  la suite d’un appel d’offres lancé par la Société de transport de Laval, l’entreprise canadienne New Flyer Industries Canada ULC fabriquera 40 bus électriques standards à recharge lente, dont 30 seront acquis par la STM. La Société a passé une commande pour quatre midibus électriques, un format intermédiaire entre un minibus et un bus standards, également dotés d’une technologie de recharge lente, à la firme BYD. De plus, la STM acquerra auprès de Nova Bus quatre bus à recharge rapide supplémentaires, qui seront mis en service sur la ligne 36 – Monk, où circulent déjà les trois bus Cité Mobilité. Cette ligne deviendra alors la première ligne au Québec entièrement desservie par des bus électriques.

Le transport adapté amorcera aussi le virage électrique puisque la Société souhaite mener un projet de démonstration avec deux véhicules afin de tester la technologie dans ce contexte, en établissant une entente de gré à gré avec un partenaire. 

« Le réseau de surface de la STM est en pleine croissance et plusieurs initiatives nous permettent d’accélérer la mise en œuvre d’objectifs de notre Plan stratégique organisationnel 2025. L’arrivée de 300 bus hybrides supplémentaires et l’évolution rapide des technologies électriques vont nous permettre d’améliorer considérablement l’expérience client et de franchir un pas de géant vers la mobilité durable », a conclu Renée Amilcar.

Sur la toile

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La Presse

https://www.journaldemontreal.com/2019/04/18/rive-sud-40-villes-veulent-un-meilleur-acces-au-rem
18 avril 2019

Journal de Montréal

https://auto.lapresse.ca/voitures-electriques/201904/17/01-5222555-vehicules-electriques-la-subvention-dottawa-disponible-en-mai.php
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